Swiss Beatles Fan Club

17 janvier 2018

Bryan Eccleshall a visité les Abbey Road d'Angleterre

Bryan Eccleshall a visité les Abbey Road d'Angleterre

Pendant huit ans, Bryan Eccleshall, ce fan des Beatles a traversé son pays, l’Angleterre, dans le but de visiter et prendre en photo les rues baptisées Abbey Road, qui est également le nom du onzième album des Beatles et des mythiques studios d'enregistrement à Londres.

Dernière partie de l'interview de Bryan Eccleshall par Colin Drury (Magazine Noisey/Vice).

Qu’est-ce que tu entends par « projet artistique » ? Tu imagines bien que beaucoup de gens considèrent ce passe-temps comme une simple obsession poussée à l’extrême…

C’est peut-être aussi ça, en un sens. Mais je l’ai vraiment conçu comme un travail artistique. Par exemple, j’aurais pu aller prendre des photos de toutes les façades des 10, Downing Street [la résidence et le bureau à Londres du Premier ministre], tu comprends ? J’ai choisi Abbey Road parce que je suis un fan des Beatles, mais j’aurais tout aussi pu expérimenter d’autres idées. C’est comme Edward Ruscha et son bouquin génial, Every Building nn the Sunset Strip, uniquement fait de photos… d’immeubles sur Sunset Strip à Los Angeles. Ou bien le J Street Project de Susan Hiller qui a photographié en Allemagne chacune des rues dont le nom contenait « Jude » (juif). C’est un point de vue très pertinent et émouvant : cette idée qu’on ne peut pas faire disparaitre la vie, ou une culture. Et j’ai ressenti un peu de ça avec mon projet, dans une moindre mesure.

C’est-à-dire ?

Il existe au moins 132 rues baptisées Abbey Road, mais si tu habites dans l’une d’entre elles, tu peux être certain que les gens vont te dire : « Ah, comme le disque des Beatles ? » Et on te le répète sans arrêt. Ces rues portent donc toutes le même nom, mais une d’entre elles sort du lot, parce que c’est celle qui a rendu toutes les autres célèbres. Dans mes photos, j’aime l’idée que ces rues sont à nouveau mises sur un pied d’égalité. Aussi - et je crois que c’est le plus important - j’ai senti qu’en prenant toutes ces rues en photos, qui n’ont rien d’autre en commun que le nom, on pouvait presque faire le portrait de l’Angleterre, avec un nom de rue pour seul élément fixe.

Je vois. D’ailleurs, ce qui me frappe sur ces 132 photos de panneaux de signalisation, c’est qu’ils sont tous très différents, alors que je m’attendais à voir 132 fois la même chose.

Tout à fait. Ils sont différents visuellement - la typographie et le matériel utilisé - mais aussi parce que l’arrière-plan, l’emplacement et le contexte ne sont pas les mêmes. Certains se situent dans des zones très aisées, d’autres pas. On trouve des murs de pierre sèche, des massifs de fleurs, des cabines téléphoniques, des boîtes à lettres, des voitures, des maisons : tout ce qui caractérise les villes anglaises. Je crois que ces images capturent une impression d’authenticité.

En parlant de contrastes, quelles sont les grandes différences que tu as repérées ?


L'Abbey Road des Beatles, celui de St. John’s Wood, est sans doute la plus belle, bien que le panneau soit en permanence recouvert de graffitis des fans en pèlerinage. Pas mal de panneaux sont dans une rue où se trouve précisément une abbaye, comme à Leeds, où a été construit le monastère historique, aujourd’hui en ruine. Et puis il y en a beaucoup dans des lotissements pavillonnaires, qui eux-mêmes portent des noms ecclésiastiques. Il y en a un à Nottinghamshire dans un vieux village de mineurs, et la rue mène à l’entrée de la mine, condamnée depuis longtemps. C’est très triste. La moitié des maisons sont barricadées, ce qui donne à ce lieu un sentiment de désespoir. Quand on voit ça, et qu’on pense au Abbey Road de Londres, on se dit que de tels extrêmes ne devraient pas exister, n’est-ce pas ?

Tu veux dire que ça t’a rendu plus conscient d’un point de vue politique ?

Je crois qu’il faudrait vraiment être idiot pour ne pas savoir que de telles différences existent, mais quand on le voit de ses propres yeux, c’est une prise de conscience terrible. Ce projet m’a fait sortir de ma zone de confort, et m’a amené vers des endroits où je ne serais jamais allé autrement, en dehors de mon cercle social et géographique. Ce genre de choses nous ouvre un peu plus sur le monde.

Et tu es certain d’avoir photographié tous les panneaux Abbey Road du pays ?

Il n’y a pas de liste qui les répertorie tous, donc je ne sais pas, mais je suis heureux d’avoir essayé. Il doit y en avoir un ou deux nouveaux depuis que j’ai fini le projet, mais je ne vais pas commencer à les chercher. C’est un coup à devenir fou. Je suis très content de mes 132 trouvailles, déjà.

Tu parlais de faire figurer toutes les photos dans un livre ou sur un poster. Tu l’as fait ?

Sur un poster, oui, et j’ai même fait quelques expositions dans des galeries. Pour être honnête, le poster ne s’est pas très bien vendu : quelques-uns ici, une poignée aux États-Unis. Je ne sais pas pourquoi il n’y a pas eu plus de ventes. Cet objet est unique ! Les gens sont bizarres…

C’est quand même plutôt cool de se dire qu’on est certainement la seule personne au monde qui a visité toutes ces rues, non ?

Oui, carrément. Bon, ce n’est pas comme si j’étais la seule personne à avoir fait l’ascension de l’Everest par une route unique. Je suis le seul à avoir fait ce projet parce que je suis quasiment sûr que je suis le seul qui en a eu envie. Il n’y avait donc pas de compétition. Ce n’était pas un sprint au finish, mais c’était bien. Quand je suis arrivé au dernier panneau, à Stoke, j’ai eu cette pensée dont je me souviens encore parfaitement aujourd’hui : « Tu viens d’accomplir quelque chose que personne n’a jamais fait auparavant. » ||

16 janvier 2018

Bryan Eccleshall a visité les Abbey Road d'Angleterre

Bryan Eccleshall a visité les Abbey Road d'Angleterre

Les fans de groupes sont réputés pour leurs excentricités et parfois des manies bizarres. Certaines personnes ne peuvent en effet se contenter de faire les choses normalement : acheter des disques, des livres et magazines ou aller aux concerts. Mais pour eux, le dévouement peut tourner à la dévotion. Il y a cette Californienne qui s’est fait tatouer le nom de Drake sur le front ; cet Allemand qui a dépensé 75.000 dollars en chirurgie plastique pour ressembler à Justin Bieber ; ou encore cet homme qui a finalement regretté d’avoir recouvert son corps de 29 tatouages de Miley Cyrus. Oui, on parle de fans pour qui la vénération du rock’n’roll n’a aucune limite. Pendant huit ans, Bryan Eccleshall, ce fan des Beatles a traversé son pays, l’Angleterre, en long, en large et en travers dans le but de visiter et prendre en photo la moindre rue baptisée Abbey Road - qui est, le titre du onzième album du mythique groupe de Liverpool. Il l’a vraiment fait : des milliers de kilomètres parcourus, et autant de livres sterling dépensées, pour un total de 132 rues baptisées Abbey Road. « Ce n’était pas uniquement un truc de fan, cela dit », explique le quinquagénaire autour d’une pinte à Sheffield, là où il réside. « C’était aussi un projet d’art conceptuel… »

Première partie de l'interview de Bryan Eccleshall par Colin Drury (Magazine Noisey/Vice).

Bryan, sans me tromper, je peux dire que tu es fan des Beatles.

Évidemment, je les adore. Qui n’aime pas les Beatles ? Détail ironique, mon album préféré est Revolver et non Abbey Road.

Commençons par la question la plus importante : pourquoi ce projet ?

Comme je l’ai déjà dit, c’était un projet d’art plus qu’autre chose. Quand j’ai commencé, j’habitais alors dans l’Est de Londres, et il y avait une Abbey Road au bout de ma rue, à deux minutes de chez moi. Je savais très bien que ce n’était pas la rue qui avait donné son nom à l’album - elle est de l’autre côté de ville - mais je me suis alors demandé combien d'Abbey Road on pouvait trouver en Angleterre. C’était en 2003, avant l’arrivée de Google Earth, mais j’ai quand même réussi à en trouver une liste quasiment exhaustive sur internet. Je suis un artiste - je suis diplômé des Beaux-Arts - et à l’époque je cherchais à mettre en place un projet conceptuel basé sur la manie de collectionner, de faire des listes, ce genre de choses. Donc je trouvais vraiment cool l’idée de visiter chacune des Abbey Road du pays, prendre en photo le panneau, et compiler le tout dans un bouquin ou sur un poster.

Ça a dû être un sacré travail, non ? Combien de kilomètres as-tu parcouru ?

Des centaines, peut-être même des milliers. Je ne sais pas exactement, car je n’ai pas tout fait en un seul voyage. J’avais un travail au même moment, ainsi que d’autres responsabilités, et ça s’est donc étalé sur plusieurs périodes. Quand j’avais des congés, je partais en road trip et j’allais chercher une demi-douzaine d'Abbey Road dans une région. Ou bien, quand j’allais rendre visite à des amis quelque part, j’essayais d’en trouver un ou deux sur la route. Entretemps, ma femme et moi avons déménagé dans une autre région, et ça voulait dire beaucoup de voyages du nord au sud du pays, avec pas mal de détours pour aller dégoter d’autres panneaux. Puis, sur la fin, quand je voulais vraiment en finir avec le projet, il restait encore beaucoup de villes que je n’avais pas visitées sur la côte sud, et j’ai un peu insisté auprès de ma femme pour qu’on aille y faire du camping pendant les vacances. J’imagine que ça aurait pu être un motif de divorce pour beaucoup de couples, mais Megan avait accepté que je finisse ce projet.

Est-ce que tu écoutais les Beatles au volant ?

Parfois oui, parfois non. Puisque je passais beaucoup de temps dans la voiture, j’essayais de varier la musique. Je n’écoutais pas Abbey Road en boucle, si c’est ce que tu veux savoir. ||

15 janvier 2018

Angel Nene anime la carrière des Beatles en morphing 3D

Angel Nene anime la carrière des Beatles en morphing 3D

Sur YouTube, Angel Nene est un spécialiste du morphing 3D, une technologie qui permet de voir l’évolution des visages et des corps au fil du temps à l’aide de photographies superposées. Le youtubeur a sorti en 2016 quatre vidéos résumant la carrière individuelle des Beatles. En juin dernier une autre vidéo réunissait les membres du quatuor de Liverpool. On y voit le groupe évoluer au fil des chansons, des albums et des années, de 1960 à aujourd’hui. Un tour d’horizon de plusieurs décennies qui permet de jeter un coup d’œil en arrière. La vidéo démarre au début des années soixante, avec le trio formé de Lennon, McCartney et Harrison. L’arrivée de Ringo Starr se fera plus tard, en 1962. Après les disques rock'n'roll, les opus novateurs comme Rubber Soul (1965) et Revolver (1966) mettent un terme aux tournées infernales. Une nouvelle page se tourne, les années « studio » débutent avec Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band (1967). Les dissensions apparaissent sur le White Album (1968), trois albums s’enchaînent malgré tout.

Paul McCartney dit adieu à sa bande en 1970 et les « quatre garçons dans le vent » commencent à sortir leurs albums solos. Les extraits s’accélèrent tandis que les anciens Fab Four se font de plus en plus prolixes. Surviendront par la suite l’assassinat de John Lennon (1980) et la mort de George Harrison (2001). Tous deux sont remplacés par des bougies tandis que le morphing de Ringo Starr et de son acolyte continue. Angel Nene a fait le choix de n’utiliser que des morceaux issus des albums studio du groupe. Aucun album live, ni compilation n’a ainsi été inclue dans la vidéo, afin de ne pas troubler la chronologie. Les photos, quant à elles, sont extraites de diverses interviews ou de films. Chaque sortie d’album est accompagnée de sa date, pour resituer la période correspondante. À ce jour, la vidéo a déjà été vue plus de 1,6 millions de fois. ||

Information

12 janvier 2018

Des billets détournés pour le concert de Paul McCartney à Melbourne

Des billets détournés pour le concert de Paul McCartney à Melbourne

Chris McDonald, un fan de Paul McCartney, avait décidé de faire une bonne action en offrant sept places à l’Armée du Salut pour le concert de l’ancien Beatle au AAMI Park de Melbourne, le 5 décembre dernier (Photo). Cependant, quatre heures avant la représentation, deux des sept détenteurs de ces billets ont été incapables d'assister au spectacle et ont rendu les billets à l'organisation. Ceux-ci ont ensuite été transmis à Ash Nottle, la fille d'un des chefs de la branche australienne de l’association caritative, qui a conservé ces deux billets pour elle et son compagnon. « À la dernière minute, deux billets nous ont été retournés et un gestionnaire a pris la décision de les donner à ma fille. Cela n'avait absolument rien à voir avec moi », a déclaré Brendan Nottle, le père de la jeune femme, à la presse locale. « Nous n’avons pas trouvé d’autres sans-abri ou bénévoles à qui les donner par manque de temps ». Il a également déclaré que sa fille avait accepté les billets afin qu'elle et son partenaire puisse « veiller » sur les cinq sans-abri qui assistaient au concert.

Le généreux donateur était, de son côté, outré par la situation : « Le pire dans tout ça, c’est qu’ils n’ont même pas eu la délicatesse de me le dire. Ce n’est pas du tout l’esprit de ma donation et je suis vraiment contrarié. C’est de l’abus », a-t-il fait savoir. Quant au major Nottle, il estime qu’une place de concert n’est pas un don approprié pour des sans-abri. « Quand vous travaillez avec des personnes sans-abri – est-ce que les sans-abri ont besoin de tickets pour voir Paul McCartney ou bien ont-ils besoin d’un toit ? (…) Je pense que la réponse est évidente », a-t-il déclaré à 3AW​. Le major Nottle a par ailleurs fait savoir que Chris McDonald sera remboursé de ses sept tickets, qui lui ont coûté un peu plus de 2.350 livres sterling, soit un peu plus de 2.650 euros. McDonald a déclaré à Fairfax Media qu'il continuait de soutenir l'organisme de bienfaisance. « Ils font énormément de bien pour les gens et pour les sans-abri », a-t-il dit. « J'ai été bénéficiaire de leur soulagement, donc je sais à quel point le travail est important, mais la règle d'or est de ne jamais plonger la main dans les dons - cela met en cause l'intégrité de toute l'organisation. » ||
Chris McDonald a vu deux de ses sept billets détournés pour le concert de Paul McCartney à Melbourne.Chris McDonald.