Swiss Beatles Fan Club

25 juillet 2017


Collection capsule spéciale Beatles en vente chez Selfridges & Co


Les Beatles célèbrent cette année le 50e anniversaire de leur album Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band et c’est un véritable événement au Royaume-Uni. L’enseigne haut de gamme Selfridges & Co a décidé de mettre en vente une collection capsule spéciale, dédiée aux Fab Four et à cet album devenu mythique. Depuis le 26 juin, et jusqu’au 18 octobre prochain, la chaîne britannique de grands magasins organise la campagne Music Matter qui vise à célébrer la relation entre musique et style. La collection capsule produite en association avec Bravado et sous licence d’Apple Corps, la société des Beatles, comprend des t-shirts, des pulls et des vestes en jean. Dans la carrière du groupe de Liverpool, Sgt. Pepper est une album important, classé comme le meilleur de tous les temps pour le magazine Rolling Stone, il a passé 27 semaines à la première place du top album britannique, et 15 dans le classement américain. Dans celui-ci, on retrouve des titres comme Lucy in the Sky With Diamonds ou encore With a Little Help from My Friends. ||

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24 juillet 2017


Sgt. Pepper des Beatles : du noir et blanc à la couleur


Il est toujours difficile de résumer en quelques mots la création de Sgt. Pepper Lonely Hearts Club Band. Œuvre majeure qui ne limite pas qu’au disque, mais à ces diverses formes de répercutions qui changèrent le monde de la musique, mais aussi une part importante de la culture occidentale. Quant à la musique en elle-même, il y a bien entendu le titre A Day in the Life qui fit passer la créativité et la technologie musicales du noir et blanc à la couleur. L’album comporte selon l'avis des spécialistes, plusieurs chansons qui n’ont pas le même niveau que sur d’autres albums, voir même certaines reléguées en format 45 tours. Cependant, la finalité présente une étonnante et grande homogénéité qui donne cette impression de pensée globale. On regrettera éternellement l’absence de Strawberry Fields Forever et Penny Lane qui parurent dans la précipitation sur un 45 tours. Musicalement, on ne peut pas être catégorique en affirmant que c’est le plus grand album des Beatles. On retrouve ce sentiment auprès de nombreux fans.

On ne cessera jamais de rappeler l’importance fondamentale des techniciens des studios EMI d’époque, qui deviendront les fameux Abbey Road Studios en 1970. En particulier Geoff Emerick qui révolutionna la « mécanique » de l’enregistrement pour lui apporter ce son unique, sans compter la qualité exceptionnelle du mixage et du rendu mono au final. Bien sûr, comment ne pas penser au regretté George Martin ? Son rôle d’alors n’était plus aussi important qu’au début des Beatles. Ces derniers avaient pris le « contrôle » et Paul McCartney a été le directeur artistique de Sgt. Pepper. Pour preuve, la chanson She's Leaving Home dont les arrangements ont été composés par Mike Leander pour cause d’absence de Martin et liée à l'impatience de McCartney. Le producteur mythique des Beatles en fut affecté, mais accepta au final de produire le titre et digérer les instruments classiques.

Écrire comme le font en général les médias, que Sgt. Pepper a été pensé comme un album concept, n'est pas dans la justesse des choses. John Lennon et Ringo Starr ont démenti l'idée de conceptualisation. Elle l’est devenue d’une certaine façon en cours de route avec la confection de la pochette. On peut également préciser que ce n'est pas l'opus préféré de tous les Beatles. Lennon a dit qu’il préférait ses chansons du White Album, voir celles du Magical Mystery Tour. Starr a confessé qu’il s’était ennuyé pendant les sessions et qu’il avait appris à jouer aux échecs. George Harrison après avoir passé des mois en Inde était certainement plus concerné pas la culture orientale que de se retrouver enfermé des mois dans un studio avec en plus le carcan « Beatles ». Pour avoir été aux commandes, Paul McCartney a toujours fait le travail de promotion qu’il fallait.

Pas de Sgt. Pepper sans Pet Sounds

Il est aussi nécessaire de considérer l'avis positif et majoritaire des professionnels de la musique, tout comme la première place de l'album de tous les temps par le magazine Rolling Stone. La compréhension de Sgt. Pepper passe inévitablement par la deuxième place du classement avec Pet Sounds, l'œuvre intemporelle de Brian Wilson des Beach Boys. Lorsque ce génie de la mélodie affirme que le disque des Beatles est supérieur à sa création, il faut tendre l'oreille et bien comprendre la signification de ses propos pour considérer la valeur de la créativité des Beatles. C'est peut-être lui la personne la plus objective pour répondre à toutes ces questions posées ? Foudroyé par l'écoute de She's Leaving Home, que Paul McCartney lui interprètera directement au piano, le leader des Beach Boys fondra en larmes d'émotion, quelques semaines avant de tomber en panne sèche dans la création de Smile. Avec Pet Sounds, il croyait avoir enregistré le plus grand album de tous les temps… Consolation, McCartney considère Pet Sounds comme le plus grand disque, il a plusieurs fois déclaré qu'il était son préféré (God Only Knows étant sa chanson favorite). George Martin dira que sans Pet Sounds il n’aura pas eu de Sgt. Pepper.

Ces dernières années avant que Giles Martin (le fils de George) ne refasse le mixage stéréo pour l’édition anniversaire 2017, Sgt. Pepper était l’album dit « période studio » qui avait probablement le plus pris la « poussière » du temps. Le travail de haut niveau de Martin a permis de « rafraîchir » le son sans dénaturer l’œuvre en elle-même. Équilibre dangereux, mais parfaitement maîtrisé dans le cas présent. C’est donc un grand plaisir de pouvoir réécouter l'emblématique production des Beatles dans de nouvelles conditions qui mettent en valeur les subtilités de la création et du son. On soulignera la qualité des musiciens comme les fameuses lignes de basse innovantes de Paul McCartney, mais surtout la présence essentielle du jeu de batterie de Ringo Starr, A Day in the Life étant un parfait exemple.
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Michel Haas, fondateur du Swiss Beatles Fan Club
Commentaire à l'article de Marc-André Miserez publié le 11 juillet 2017 sur le site « swissinfo.ch »,
média d’information de la Confédération suisse à destination de l’étranger.


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21 juillet 2017


Sgt. Pepper : coup de génie ou tarte à la crème ?


Le Sergent Poivre a 50 ans. Le Sergent qui ? Mais oui, le disque des Beatles qui a changé la face du rock. Voire du monde. Vous ne voyez pas ? Pas grave, certains ont vu. Et ils n’étaient pas tous nés en 1967. « So Sgt. Pepper took you by surprise », chante John Lennon à Paul McCartney en 1971, avec une évidente mauvaise foi. Comme s’il ne savait pas tout ce que l’album sorti quatre ans plus tôt doit à son désormais ex-compère. Et vous ? Est-ce que ce disque vous a surpris, quel que soit le moment où vous l’avez découvert. Nous vous avons posé la question sur Facebook. Dire que nous avons été submergés de réponses serait exagéré – en fait la plupart de ce qu’on va lire a été récolté sur la page perso du soussigné. Mais bon, il est vrai aussi que SWI (swissinfo.ch) n’est pas précisément le site de référence pour la musique. Alors, une fois n’est pas coutume…

It was fifty years ago to day

Pour Dominique D, Sgt. Pepper à l'époque était juste « le top du top ». C’est clair et net. Roger, lui tient le disque pour « un chef d’œuvre » et « quitte à se répéter », déclare : « On n'a jamais rien fait de mieux que les Beatles. Tout simplement. » « Il y a des moments charnière dans la vie d’un mélomane. Des moments qui ne laissent pas indemne. Comme dans la musique classique, une fois qu’on a goûté à certaines œuvres, on ne peut plus revenir à une moindre exigence artistique. Sgt. Pepper a été une claque monumentale pour moi », écrit Dominique J, qui n’a assurément pas l’âge d’avoir acheté le disque à sa sortie, même en culottes courtes. Olivier P a lui aussi été séduit tardivement par cet « album historique, le premier à montrer ce que l’on peut faire en studio » [ studio pourtant limité à quatre pistes à l’époque ]. Oivier L, qui se dit fondamentalement « beaucoup plus jazz que rock », avoue lui aussi « adorer » cet album et placer les Beatles « sur l’Olympe », aux côtés de Michael Jackson, Prince et quelques autres. « Rock et pop ensemble ; la mixité c'est la vie ».

Any time at all

Tout cela est bel et bon, mais en 2017, après un demi-siècle de rock, hard rock, soft rock, pop, funk, soul, R & B, glam, disco, punk, after punk, növö punk, krautrock, rockabilly, garage, grunge, heavy metal, trash metal, death metal (et autres sortes de metal), new wave, cold wave, indie, trip-hop, ambient, electro pop (biffez ce qui ne convient pas), qui se réclame encore du Sergent Poivre et de sa Fanfare des Cœurs Solitaires ? Pas mal de monde, semble-t-il. Du moins indirectement, puisque les Beatles seraient un peu le tronc (les racines sont plus anciennes) de l’arbre généalogique de toutes ces musiques populaires. Comme le note Emmanuel, auteur-compositeur-interprète suisse exilé au Brésil, Sgt. Pepper est « un des dix albums rock majeurs de tous les temps. Les Beatles ont énormément contribué à la beauté des mélodies. Et ceci avec une richesse de sonorités: fanfares, instruments venus d’Inde, orchestre symphonique, bruitages, le tout soigneusement dosé et jamais utilisé de manière gratuite (George Martin, leur producteur-arrangeur y est pour beaucoup), au point de scinder le disque en parties uniques, tout en les unissant parfaitement. On peut appeler cela du génie. Un génie qui a fait de multiples petits dans la rock music ». Dans la même veine, Dominique J ajoute : « Un disque majeur pour un genre mineur, un grand foutoir, un laboratoire d’expérimentations techniques et de jouissives créativités pionnières, mais oh combien vital pour la suite. À quoi ressemblerait notre genre mineur en ce troisième millénaire sans cette galette ? Combien de musiciens ont osé par la suite s’engouffrer dans la porte que les Beatles avaient ouverte 

Here, there and everywhere

Précurseurs, les quatre de Liverpool ? Poser la question, c’est y répondre. Mais il ne faudrait pas croire qu’ils ont tout inventé. À la fin des années 60, la marmite de la créativité rock'n’rollienne bouillonne des deux côtés de l’Atlantique, nourrie parfois par des substances qu’on ne trouve pas dans le commerce. Comme le rappelle Alain, musicien lui aussi, même si l’album reste « un des plus influents de toute l'histoire du rock et bien au-delà » l’année 67 marque également la sortie du premier Pink Floyd, « qui a ouvert une voie magistrale à tout le courant progressif et psychédélique des seventies, au même titre que ce qu'on appelle " L'école de Canterbury " (Soft Machine, Caravan...) ou même les premiers pas d'un certain Robert Fripp ». Lequel fondera deux ans plus tard King Crimson, groupe iconique, qui est un peu au rock mainstream ce qu’un film d’auteur est à un blockbuster : confidentiel niveau audience, majeur niveau influence.

Et des influences, les Beatles aussi en ont subi. Que l’on pense simplement à leur rivalité artistique avec les Beach Boys, encore plus forts qu’eux peut-être au niveau des harmonies vocales L’histoire est connue : à la fin 65, Rubber Soul des Anglais, fait flipper Brian Wilson, âme du groupe californien, qui sort Pet Sounds au printemps 66, avec déjà des mélodies célestes, des instruments classiques, des sons bizarres et des bruitages. Le disque fait flipper Paul McCartney, qui entraîne ses complices à sortir Sgt. Pepper. Les sessions en studio vont durer quatre mois, du jamais vu à l’époque, où un disque s’enregistrait généralement en deux jours. 50 ans plus tard, Pet Sounds est toujours 2e au classement des 500 meilleurs albums de tous les temps du magazine Rolling Stone, derrière… Sgt. Pepper. Et l’on voit régulièrement apparaître sur la scène rock/pop des artistes qui trustent - de manière assumée ou non - une partie de l’héritage des Beatles : Electric Light Orchestra, Tears for Fears, Klaatu, INXS, Oasis bien sûr, et même Queen, mais aussi un certain Mika, dont le premier album en 2007 a été comparé à un nouveau Sgt. Pepper. Ceci sans compter les myriades d’anonymes qui grattouillent du Lennon/McCartney sur leurs guitares.

I don’t want to spoil the party…

… mais. Il y a aussi ceux qui n’aiment pas. Ainsi, Ray Davies, des Kinks, a dit (pas à nous, mais il l’a dit) que les Fab Four période Sgt. Pepper lui faisaient penser à « de la musique Disney, des chansons pour les enfants ». Et peu importe si elles parlent de tas de choses qui ne sont pas pour les enfants. Le fait est que le proverbial sens de la mélodie de Macca le pousse parfois à la limite de la guimauve. C’est aussi l’avis de Johann, encore un musicien, né dix ans après la mort de Lennon. « Je trouve que les Beatles sonnent un peu comme un boys band, qui fait des tubes de l’été, des chansons familiales, alors que les Rolling Stones sont nettement plus rock'n’roll. Alors, musique Disney, oui, mais n’oublions pas que Disney est le précurseur de la vague du dessin animé, comme Sgt. Pepper a été précurseur de la vague du rock moderne ». Pierre-François, quant à lui, n’a « jamais compris comment on peut aujourd'hui encore s'extasier devant cet album. Il était peut-être essentiel à l'époque pour le monde de la pop, mais vu d'ici, il m'apparaît doucereux, sautillant et sans grand relief. Tout le contraire d'Abbey Road, paru deux ans plus tard ».

Tomorrow never knows

Pour finir, nous aurions aimé avoir quelques avis de grands noms de la musique ayant un pied (ou les deux) en Suisse. Mais il bien difficile de faire parvenir un message sur l’Olympe où trônent Phil Collins, Tina Turner, et même Stephan Eicher ou Polo Hofer. Les Young Gods par contre (et ce n’est pas rien), nous ont fait l’amitié de nous écrire (collectivement) ceci à propos de Sgt. Pepper : « Un des albums les plus audacieux de l'histoire de la musique. Les quatre Beatles en parfaite harmonie créative. Un exemple de ce qu'est un esprit de groupe et de quoi cet esprit est capable ». Bastian Baker par contre, révélation pop rock suisse romande (et bien au-delà) de la décennie, nous dit n’avoir « pas forcément été touché par cet album », et s’abstient donc de tout commentaire. All Things Must Pass, chante George Harrison en 1970.
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Article de Marc-André Miserez publié le 11 juillet 2017 sur le site « swissinfo.ch »,
média d’information de la Confédération suisse à destination de l’étranger.


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Quarantième anniversaire de « Sgt. Pepper » avec Geoff Emerick, ingénieur du son des Beatles.

20 juillet 2017


Interview d'Andy Babiuk, auteur du livre
Beatles Gear : The Ultimate Edition


Quatrième et dernière partie de l'interview d'Andy Babiuk par Mike Levine pour Audiofanzine.

Parlons des studios EMI [ appelés Abbey Road Studios en 1970 ], où les Beatles ont enregistré.

J'ai interrogé tous les ingénieurs qui travaillaient à EMI à l'époque. C'était un endroit un peu bizarre. Déjà, ils ne voyaient pas le studio d'enregistrement comme on le voit maintenant, c'est à dire comme un lieu de création. C'était plus une sorte de laboratoire.

On m'a dit que les ingénieurs devaient porter des blouses de laboratoire.

Ouais, c'était vraiment très « clinique ». Et très strict. Ils avaient une approche très scientifique.

Un truc qui m'a surpris à la lecture du livre, c'est que pendant les sessions de « Sgt. Pepper »,
Paul avait enregistré sa basse via une boîte de direct, qui venait d'être inventée par les ingénieurs d'EMI. La boîte de direct c'est un truc tellement évident de nos jours, c'est étonnant que ça leur ait pris jusqu'en 1967 pour l'inventer.


Je crois que c'est Ken Townsend qui l'a créée. C'est dans le livre. Ils voulaient inventer un moyen d'arriver à ce qu'ils appelaient la « direct injection » [ d'où le DI de DI box, nom anglais de la boîte de direct ]. En changeant l'impédance, parce qu'on ne peut pas brancher directement une basse dans la console à cause de la différence d'impédance. C'est tout simple quand on y pense.

C'est où je voulais en venir.

La raison, c'était qu'à EMI il y avait une approche très clinique, et on n'avait pas le droit de faire n'importe quoi avec le matériel. Il y a une histoire bien connue qui circule, que les ingénieurs qui ont travaillé sur cette session m'ont racontée. C'était pendant l'enregistrement du White Album. À cette époque, les Beatles vendaient des millions et des millions de disques à travers le monde.Il est probable qu'à eux seuls, ils permettaient de payer les salaires de tout le monde à EMI. Après le succès de Sgt. Pepper, ils se sont vu offrir du temps en studio pour y expérimenter musicalement. Mais ils n'avaient pas le droit de « maltraiter » le matériel. C'est ce que les ingénieurs m'ont dit. Si vous utilisiez le matériel d'une quelconque façon qui n'était pas approuvée par EMI, c'était considéré comme une façon de le maltraiter et vous receviez un avertissement, vous pouviez même être viré pour ça.

Même à cette époque, où les Beatles étaient au sommet ?

Ça va s'améliorer par la suite, vous allez voir. Les Beatles reviennent d'Inde, là-bas ils ont écrit toutes ces chansons acoustiques un peu basiques, ils reviennent avec et commencent à les enregistrer. Comme Blackbird ou Dear Prudence. Plein de chansons cool, mais douces. Et en 1968, à Londres, qu'est-ce qu'il se passe musicalement parlant ? Il y a Jimi Hendrix, il y a Cream, il y a plein de musiques bien « heavy » partout. Les Who étaient dans cette veine-là. Les Beatles ont écrit Revolution 1, qui est une sorte de blues cool, calme. Et Lennon se rend compte de ce qui est en train de se passer à Londres à l'époque. « Merde, il faut qu'on fasse un truc bien heavy. » Les ingénieurs qui travaillaient sur la session m'ont dit que Lennon était contrarié. Un jour, il est arrivé en disant: « On va jouer Revolution, mais on va la faire sous la forme d'un rock qui y va à fond, et je veux une guitare vraiment très distordue. »

Comment y sont-ils arrivés ?

Pour commencer, ils ont amené toutes ces pédales de fuzz, comme la Tone Bender et toutes les fuzz qui étaient dispo à l'époque, et Lennon les a essayées et il a dit : « C'est pas assez distordu, je veux que ce soit vraiment très, très distordu. » Alors un des ingénieurs m'a dit qu'il avait dit à John : « Écoute, John, ce que tu dis c'est que tu voudrais que toutes les fréquences du signal soient distordues. Les pédales de fuzz s'attaquent surtout au milieu du spectre, et c'est pour ça que le son ne correspond pas à tes attentes. Si je branchais la guitare directement dans la console via une de ces boîtes de direct, je pourrais faire saturer le préampli et le mettre à fond, et ça donnerait une distorsion sur la plus grande plage de fréquences que tu aies jamais entendue. Mais le problème, c'est que je me ferais virer. J'aurais beaucoup d'ennuis si je faisais ça. On ne peut pas le faire. » Et Lennon, faisant le malin, a répondu : « On s'en tape. » Du coup, voilà comment ils ont procédé : au studio 2 d'EMI, il y avait ces grosses portes en métal. Comme, vous savez, dans les écoles et tout ça, ils ont ces portes avec des poignées qu'on pousse pour sortir ? Ils ont pris l'un des stagiaires, et ils lui ont dit : « Tu mets cette chaise, tu places les pieds de la chaise pour bloquer les poignées, pour bloquer les portes elles-mêmes. » Du coup, on ne pouvait pas ouvrir les portes depuis l'extérieur. En fait, la chaise les bloquait. Lennon entre dans le studio, et ils ont fait leur truc, en saturant la console au début de Revolution cette guitare aux sonorités lourdes, pendant qu'un gamin surveillait la porte pour qu'ils n'aient pas de problème.

C'est dingue !

C'était ça, les Beatles pendant le « White Album ». Les Beatles auraient dû avoir peur qu'un mec se fasse virer ? Ils auraient pu dire : « on vous emmerde, on rachète ce putain de studio. »

On se demande ce qui se serait passé s'ils avaient pu enregistrer
dans un endroit où ils auraient vraiment eu les mains libres.


Ouais. Et Lennon était vraiment passionné par ce côté expérimentation. Pour la boîte de direct, il a dit à Ken Townsend : « OK, quand je chante, est-ce que tu peux me mettre ta boîte de direct dans la gorge ? » Il ne comprenait pas comment ça marchait. Il avait une autre idée, il voulait chanter dans un micro à travers de l'eau. Beaucoup d'ingénieurs m'ont dit qu'il n'aimait pas le son de sa propre voix. Il la détestait vraiment, et il voulait toujours qu'ils la changent et la fassent sonner différemment. Beaucoup de chanteurs sont comme ça, ils n'aiment pas le son de leur propre voix.
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